Quoi qu'on en dise, Cavaillon est la capitale mondiale du melon. Forte de cette flatteuse réputation, la quatrième ville du Vaucluse s'est également dotée depuis 1965 du plus important Marché d'Intérêt National de France. Tous les producteurs de cucurbitacées et primeurs du Lubéron viennent s'y retrouver. Mais Cavaillon recèle bien d'autres attraits même pour les non-végétariens.
Le site de Cavaillon, protégé par la colline Saint-Jacques, a été occupé dès le néolithique. Les romains ne seront pas moins séduits par cet environnement. De l'antique Cabellio, il ne reste qu'un seul vestige, l'arc de triomphe édifié au Ie siècle. Démonté pierre par pierre en 1880, il se trouve à présent place du Clos.
Cavaillon est en revanche plus marquée par l'arrivée de la chrétienté dans nos contrées. La ville est l'une des premières à adhérer à cette religion. Elle devient cité épiscopale au IVe siècle, puis propriété du Saint-Siège en 1274. Incroyable, mais son annexion à la France n'interviendra qu'en 1791 ! L'édifice religieux à ne pas manquer est la cathédrale Saint Véran. Édifiée au XIIe siècle dans le style roman provençal, on y ajouta au fil du temps un clocher, un campanile et plusieurs chapelles latérales. Si son aspect extérieur reste très austère, l'intérieur se pose en parfait contraire avec ses dorures, ses statuettes et son orgue à l'italienne du XVIIe. Cinq tableaux de Nicolas Vignard se cachent dans ce fastueux décor.
Les autres attraits de Cavaillon sont accessibles le temps d'une balade au coeur de la ville. L'hôtel de ville datant de 1753 ne manque pas de classe avec ses ouvrages en fer forgé. Rue Liffran, on peut admirer une tour crénelée à gargouilles d'époque Renaissance. Rue Hébraïque, on trouve la synagogue édifiée en 1772, et non loin, le musée juif comtadin. Enfin, le grand couvent, de style baroque, qui fut le principal refuge des Bénédictines du XIVe au XVIIIe siècle, accueille aujourd'hui des expositions temporaires.
Un mot encore sur le légendaire melon de Cavaillon : En 1884, Alexandre Dumas fit don à la bibliothèque de la ville de la totalité de son oeuvre publiée. En échange, l'auteur des Trois Mousquetaires négocia une rente viagère de 12 melons par an. Jusqu'a la mort du romancier en 1870, la municipalité honora son contrat. |